vendredi 6 janvier 2012

le plus grand concours photo du monde

l'année 2012 commence de belle manière puisque je suis lauréat du grand concours annuel PHOTO ("le plus grand concours photo du monde" selon le magazine). après avoir été finaliste l'an passé (rappelez-vous), j'ai cette fois remporté le prix pentax qui avait pour thème "votre perception du design". je suis donc un des 12 lauréats sur environ 50 000 photos, plutôt encourageant! ci-dessous la photo qui m'a fait gagner, prise à singapour lors de mon périple d'un an, et publiée dans le numéro 486 de janvier-février 2012 (cliquez sur l'image pour agrandir et lire le texte):



cette nouvelle année rime également avec nouveau site web. actualisation des images et minimalisme de l'interface étaient mes objectifs, j'espère que le résultat final vous plaît! www.sebweb.org



une nouvelle série sera bientôt publiée sur le thème des tanji, ces complexes résidentiels coréens qui poussent comme des champignons afin de loger tout le monde dans des tissus urbains denses. l'image sur la home page du site est extraite de cette série.

jeudi 10 novembre 2011

la photo de la geisha, suite et fin

si vous me connaissez de près ou de loin et que vous avez un compte facebook, vous n'avez pas pu échapper au fameux concours photo organisé par vivre le japon qui a déferlé tel un tsunami sur vos murs ces 10 derniers jours. pour ceux qui se demandent de quoi je parle, c'était en résumé un concours photo sous le thème "paysages urbains du japon", décliné en deux phases: une phase de sélection par un jury (pour passer de 443 photos à 20) et une phase de vote via facebook, qui se révéla être un véritable thriller rempli de rebondissements et de suspense. à défaut d'objectivité dans le jugement (l'opération ayant plus trait au networking qu'à l'art), ce vote aura étonnamment passionné pas mal de gens, proches ou non, aux quatre coins de la planète (je n'ai pas hésité à mettre à contribution mes nombreuses rencontres de voyage) et laissera des traces (positives mais sans doute aussi irritantes) dans l'imaginaire collectif. il est vrai que c'était une fameuse opération de communication, assez épuisante même. pas sûr que je m'y attellerai encore de sitôt... d'autant plus que je n'ai pas gagné (à 200 votes près sur un total de 6500). néanmoins, un résultat aussi massif de votes donne je pense aussi une indication sur l'appréciation que les gens ont de quelqu'un (et de son travail), donc c'est extrêmement flatteur à la fois pour mélissa, la gagnante et pour moi. j'en profite pour vous remercier tous une fois de plus pour ce soutien extraordinaire!



alors bon, cette photo, il fallait bien que j'en parle un minimum après l'avoir vue apparaître non-stop ici et là pendant tout ce temps! je dois dire que je suis arrivé à un point de saturation avancé, mais d'un autre côté c'est sans doute l'extrait de mon travail photographique qui a été le plus diffusé et vu (sans que les gens ne sachent forcément qui en était l'auteur), donc je me devais de contextualiser sa prise de vue et ce qu'elle représente pour moi.

la personne sur la photo est bien une vraie geisha (pas une touriste grimée pour l'occasion). elle a été prise en avril 2010 à kyoto, dans le quartier de gion. en se baladant le soir dans ces rues, on croise de temps à autre des geisha (qu'on appelle geiko à kyotot) et maiko (apprenties geisha) qui se rendent dans les salons de thé. c'est un élément bien connu des touristes, rien de bien extraordinaire jusque là. j'avais déjà eu l'occasion de vous expliquer que le japon me faisait penser à un décor de cinéma géant (rappelez-vous), et je trouvais que ces ruelles sombres se prêtaient particulièrement bien à une reconstitution d'ambiance de film. pendant quatre soirs, j'ai donc arpenté ces rues et ruelles, cherché les meilleurs cadrages, repéré les endroits où les taxis déposaient les geisha, observé où les touristes ne se rendaient pas et attendu, beaucoup attendu. techniquement, il fallait également choisir un endroit suffisamment éclairé (ici par des lampions) pour minimiser les risques de flou vu les conditions de lumière difficiles. les 3e et 4e jours, il a plu, ce qui a permis de voir fleurir ces jolis parapluies traditionnels, mais a rendu l'attente encore moins agréable et la prise de vue un poil plus complexe.

dans ce genre de situation, vous imaginez que l'excitation monte d'un cran quand vient le moment d'appuyer sur le déclencheur... au moment où cette geisha s'est présentée devant moi, ma première réaction fut donc de pester contre ce taxi qui passait, puis j'ai réalisé la chance que ce taxi m'apportait puisqu'il ajoutait un élément de modernité et un peu plus de lumière. au niveau technique, il était en effet important de ne pas descendre trop bas dans la vitesse d'obturation: j'avais déjà choisi 1/90s et j'ai rapidement adapté l'ouverture de mon 50mm (mon objectif fétiche) à f/2.4 au lieu de f/2 (ce qui ne donne pas beaucoup de marge d'erreur en termes de focus). les gens qui ne sont jamais allé au japon ne le savent peut-être pas, mais les geisha ne sont pas exactement très avenantes avec les photographes, ne s'arrêtent pas et ne prennent clairement pas la pose... elles tentent surtout d'échapper aux touristes (généralement pas très finauds) qui les suivent d'un pas lourdaud et leur balancent un bon gros flash dans la tronche. il fallait donc ne pas se tromper de réglage afin de capter la scène dans tout ce qu'elle a de réel et de naturel. au final je suis plutôt content du résultat vu que je ne disposais pas d'éclairages de cinéma (juste le décor :-)).

par rapport au thème du concours (paysages urbains du japon), on m'a également questionné sur le choix de l'image. après de nombreuses tergiversations, j'ai sélectionné cette image car pour moi l'architecture urbaine ne se résume pas à des buildings modernes, à des monstres d'acier, de verre et de béton. kyoto est une ville moderne qui a su garder des éléments traditionnels dans son urbanisme, notamment dans ce quartier. la geisha retient l'attention bien sûr, mais on peut voir pas mal d'éléments urbains dans l'image (les fils électriques, l'éclairage public, le sol, le taxi, les immeubles dans le fond bleu). de plus, je voulais éviter de présenter une photo déshumanisée, car il est évident pour moi que l'urbanisme n'existe que par et pour les gens. je me doutais que pas mal de participants proposeraient une photo d'architecture (ce qui fut le cas au vu de la sélection), je voulais me démarquer de cela, donner un petit challenge au jury, proposer autre chose que les autres concurrents. bien sûr, dès qu'une geisha apparaît sur une image, on peut la ranger dans la catégorie des clichés, mais le fait de devoir présenter une et une seule photo limite la prise de risques. une série est sans doute plus simple à gérer dans ce contexte, et même si in fine le pari a réussi, je vous propose de (re-)découvrir une sélection de mes images préférées prises au japon lors de mon séjour de 5 semaines en avril-mai 2010, fraîchement uploadées sur flickr:



sachez enfin que je prépare une saké soirée (merci à claude pour le nom) ce jeudi 17 novembre à l'exit07 à luxembourg pour vous remercier de votre soutien. plus d'infos très vite sur facebook!

mardi 27 septembre 2011

baliem valley

l'indonésie est un pays immense qui mérite plusieurs passages pour rendre un minimum justice à la diversité des cultures qu'on y retrouve. un an après, j'y suis retourné et je me suis cette fois concentré sur la partie la plus australe de l'archipel, à savoir la papouasie. un peu de géographie avant toute chose: l'île de nouvelle guinée se situe au nord de l'australie et est administrativement divisée en deux: la papouasie-nouvelle guinée, indépendante et anglophone à l'est; et la papouasie occidentale appartenant à l'indonésie, à l'ouest. c'est en papouasie occidentale que je me suis rendu.

la première chose qui frappe le voyageur, ce sont les papous eux-mêmes. leur morphologie n'évoque en effet pas l'asie du sud-est, même aux rêveurs les plus créatifs. à vrai dire, l'environnement rappelle plus l'afrique de manière générale. les papous sont de type mélanésien, donc noirs, ont les cheveux crépus et des traits marqués. certains peuvent au premier abord sembler menaçants (sans vouloir déterrer un quelconque néo-colonialisme enfoui), mais cette idée est vite balayée quand on leur sourit et que leur visage s'éclaire en un instant. néanmoins, pour en avoir croisé quelques-uns sous l'effet de l'alcool, on se dit qu'ils peuvent très vite devenir violents, et là ça doit faire mal (le papou est costaud). c'est d'ailleurs très difficile de trouver de l'alcool à wamena par exemple, ceci expliquant peut-être cela.

voyager en papouasie nécessite également de prendre en compte la situation politique régionale et les troubles qui sont régulièrement enregistrés sur l'île. beaucoup de papous voudraient une papouasie unifiée et indépendante, ce qui n'est pas trop du goût du gouvernement indonésien, principalement pour des questions économiques. en effet, l'île possède la plus grande mine d'extraction d'or au monde, la mine de grasberg, qui rapporte un pactole à l'indonésie mais dont seule une petite partie est redistribuée à la papouasie. cette mine est devenue un symbole de la protestation politique papoue, et il n'est pas rare de constater des affrontements violents entre habitants et forces de l'ordre, qui peuvent alors vite dégénérer.

au niveau touristique, la papouasie connaît depuis quelques années un léger essor. pour tordre le cou à des idées préconçues, il est bien loin le temps où on pouvait y croiser des sauvages n'ayant jamais vu de blanc. on y croise encore des gens habillés en tenue traditionnelle, surtout des personnes âgées (j'y reviendrai), mais les jeunes préfèrent les maillots du fc barcelone au pagne.

le coeur de mon voyage en papouasie fut la vallée de baliem, située quelque part au centre du pays et accessible uniquement par avion. et quel avion! un vieux coucou dont les sièges se détachent si on tire trop fort dessus (!) et qui a l'air aussi bien entretenu que les toilettes d'une aire d'autoroute de mâcon en période estivale. ajoutez à cela une piste d'atterrissage sans trop de restrictions d'accès et située en plein centre-ville (une petite ville, certes, mais quand même) et on comprend vite qu'on n'est pas très loin du bout du monde. malgré ce qu'on pourrait penser, tout n'est pas bon marché ici (par rapport aux standards indonésiens), ce qui est justifié par le fait qu'on doive tout acheminer par avion. excuse peu crédible pour certaines prestations, les chambres d'hôtel par exemple... bref, on a clairement décidé de profiter du tourisme dans la région!

pour satisfaire les touristes qui veulent voir des papous habillés en tenue traditionnelle, un festival est organisé tous les ans. toute la région s'y retrouve: les hommes ressortent leur étui pénien et leur os de cochon à insérer dans le nez, tandis que les femmes époussettent leur pagne. rien d'autre puisque tout le monde est quasi nu. on se peinturlure quelques dessins sur le corps au pepsodent (véridique) et tout est prêt pour 2 journées de fête incluant danses, simulations de combats etc. à vrai dire j'avais un peu peur d'assister à un cirque touristique navrant, mais j'ai été agréablement surpris par la candeur des participants. on sent très vite que les gens sont fiers de leurs origines et voient ce festival comme une opportunité de prolonger leurs traditions, de retrouver leurs racines et de montrer aux nouvelles générations comment c'était avant. le plus navrant dans l'histoire, ce fut selon moi l'attitude de certains touristes photographes qui se croient au zoo et qui mitraillent à tout va les participants sans rien demander, sans sourire, sans humanité, armés de leurs deux boîtiers, téléobjectif et moult accessoires contrastant avec la pauvreté des indigènes qu'on parque en-dessous des tribunes réservées aux officiels et aux touristes.

ci-dessous un diaporama de mon compte flickr que je vous conseille de visionner en plein écran:



nonobstant le festival, tout qui veut découvrir un minimum de la culture locale se doit d'organiser un trek dans la vallée et les montagnes qui l'entourent. je suis parti 5 jours avec philippe (un baroudeur français rencontré sur place), usman (un guide sans chaussures) et un porteur (bien nécessaire vu la quantité de nourriture nécessaire pour cette expédition). les paquets de cigarettes ne manquaient pas non plus... la partie randonnée du trek n'était pas très difficile, par contre les conditions d'hébergement étaient un peu plus délicates à appréhender vu que la plupart des couches consistaient en une couverture moisie posée sur le sol en paille tressée. pour éviter les puces et autres bébêtes qui grouillent forcément au niveau du sol, nous avons donc dormi sur des bancs d'école en bois massif! mal de dos garanti le lendemain.

le moment fort du trek fut le mariage auquel nous avons pu par chance assister! nous étions dans le village du marié, où toute la population locale se rassemble et prend part à la grande recette ancestrale: on creuse un grand trou, on y dépose des pierres préalablement chauffées dans un bûcher, on y dispose les patates douces puis les carcasses de cochons préalablement tués à l'aide d'un arc à flèches (!), on recouvre le tout de feuilles et on attend deux heures en chantant. et quels chants! pas un instrument en vue, uniquement des parties masculines et des parties féminines, parfois en canon, pour un résultat enivrant rappelant par moments les chants des moines tibétains.

une fois le tout déterré, on garde les patates et on pose le cochon sur une sorte de civière que la moitié des convives portent et escortent jusqu'au village de la mariée, de l'autre côté de la vallée! et peu importent la boue et le précipice, on n'hésite pas à courir pieds nus par portions, marquant une pause ici et là pour danser et chanter. incroyable... en face, chez la mariée, on fait la même chose, donc nous aurons du cochon pour ce soir, mais froid. après quoi les chants et danses reprennent de plus belle jusqu'au bout de la nuit, à la lueur d'un feu ou éclairé par la pleine lune, toujours sans instrument de musique et surtout sans alcool.

c'était un moment inoubliable que d'écouter ces chants venus d'ailleurs, au milieu de cette vallée superbe éclairée par un faisceau de lune. un moment qu'aucune photo ne parviendra à rendre aussi magique qu'il n'était, alors pour s'en rapprocher un peu, je vous ai concocté un petit diaporama des mes images préférées mis en musique à l'aide d'un des chants que j'ai enregistré durant cette journée folle, le tout en HD. comme si vous y étiez!



pour terminer, voici une dernière série de photos prises durant le trek et à wamena ou autour. en particulier, la photo qui ouvre la série (le vieil homme devant sa hutte) fut un moment fort, à grand coups de "wah wah" (mot papou passe-partout qui signifie aussi bien bienvenue que bonjour que merci) et de longues poignées de mains. j'étais avec morgane (autre voyageuse rencontrée sur place) quand on a vu ce personnage d'un autre temps sortir de sa hutte pour nous accueillir. malgré les apparences, il devait avoir environ 55 ans, ce qui est déjà vieux pour la région. notez le trou dans son nez qui permet de faire rentrer les os de cochon pour les cérémonies. une rencontre émouvante avec un personnage attachant qui n'était pas là pour plaire aux touristes. au final, je ne suis pas mécontent de mon voyage au bout du monde...

dimanche 18 septembre 2011

roumanie

cet été 2011 a été l'occasion pour moi de reprendre un peu de temps pour voyager. cela faisait longtemps que je projetais d'aller faire un tour en europe de l'est, et la roumanie était en tête de ma liste bien que je ne connaisse quasiment rien de ce pays. bref, je me suis lancé, j'ai pris un aller-retour pour bucarest et le moins que je puisse dire, c'est que je ne le regrette pas!

j'ai passé un peu moins de 2 semaines en roumanie et je suis rentré légèrement frustré de ne pas en avoir vu plus. car oui, c'est un pays qui offre beaucoup et que l'on gagne à découvrir. pourtant la capitale, bucarest, fait tout pour dissuader le visiteur: une chaleur accablante, des bâtiments gris et usés, des boulevards immenses. en creusant un peu la surface, on découvre néanmoins une scène artistique naissante, des jeunes plein d'ambition, des parcs attrayants et des restaurants aux jardins ombragés qui font oublier l'espace d'un instant l'architecture soviétique régnant en maître ici.

c'est en quittant bucarest qu'on découvre la vraie roumanie. et ma roumanie à moi, elle se situe tout au nord, près de la frontière ukrainienne, dans une région appelée les maramures. ici, le temps semble avoir ralenti jusqu'à quasiment se figer il y a une trentaine d'années. cette région rurale renferme des trésors à chaque village: des églises en bois magnifiquement menaçantes, des paysages qui rappellent la toscane et surtout une population accueillante qui travaille la terre comme mes grands-parents, coupant l'herbe à la faux et remuant la terre à la charrue. c'est une véritable respiration qui accueille le voyageur dans cette contrée délicieusement vieux-jeu. j'ai particulièrement aimé les cimetières, où le nom et la photo de l'épouse toujours vivante se trouvent déjà gravés dans la pierre tombale de son mari défunt, parfois depuis plus de 20 ans. dans un tel contexte, avec ces paysages et ces églises de bois, c'est d'un romantisme absolu.

la roumanie, c'est aussi malgré ce que l'on peut penser un pays qui accueille énormément de touristes, majoritairement concentrés sur la transylvanie, région montagneuse et boisée du centre du pays peuplée de châteaux et de légendes, dont celle de dracula. ce tourisme de masse est par moments risible (merchandising ridicule autour de dracula) voire carrément agaçant quand ces endroits magiques se transforment en cirque barnum et qu'on regrette de ne pas avoir consulté bison fûté avant de prendre un escalier en colimaçon du château de bran. les enfants crient, les adultes parlent fort, les beaufs filment des murs, les flashs crépitent. au final on ressort surpris de tant de présence et on se demande par quel tour de passe-passe ce pays n'est pas plus valorisé en europe occidentale. ci-dessous les photos en diaporama flickr. cliquez sur plein écran pour profiter au mieux des images (l'icône avec les 4 flèches):



enfin, ce qu'on remarque vite en roumanie, outre l'hégémonie de la dacia, c'est l'omniprésence des roms (les roumains préfèrent parler de gitans). on a beaucoup parlé d'eux ces dernières années en europe occidentale, certains dirigeants ne sachant trop que faire de ce peuple nomade que beaucoup veulent renvoyer en roumanie. à vrai dire, les roumains eux-mêmes n'ont pas une sympathie débordante pour ce peuple qui est facilement méprisé et rejeté. notre société moderne basée sur la nationalité n'a pas trop de réponse à donner à ces gens du voyage, originaires d'inde du nord il y a des siècles et constamment en quête de chez soi, fût-il temporaire. l'amalgame qui est souvent fait entre rom et roumain à l'étranger n'aide pas dans l'acceptation de ce peuple, les roumains de souche voulant aux yeux du monde se démarquer de l'image (souvent négative) faite des gitans qui n'ont de roumain que le passeport, souvent délivré par ceaucescu. c'est avec ces éléments en tête que je me suis rendu seul à buzescu, petit village à une centaine de kilomètres de bucarest, perdu au milieu des champs au coeur de la valachie. ce village, en fait quelques maisons le long d'une grand-route, est un des endroits les plus fascinants qu'il m'aie été donné de voir mais ne figure dans aucun guide touristique: peuplé quasi exclusivement par des gitans sédentarisés ayant fait fortune on ne sait trop comment (le mot trafic revient souvent pour caractériser l'origine des fonds), c'est le théâtre d'élucubrations architecturales démentes et au goût douteux. on se doute que les propriétaires aient dû regarder les feux de l'amour en boucle pendant des années et n'ont raté aucun épisode de mtv cribs, particulièrement ceux avec les rappeurs. l'architecture ici est un fourre-tout de styles grandiloquents, de bling bling tapageur et d'un manque de classe affligeant. bentley et mercedes sont garées devant les bâtisses de leurs propriétaires qui paradent toutes dents en or dehors. c'était un challenge personnel de photographier ce lieu sans éveiller de suspicion de voyeurisme déplacé (des roumains ont refusé de m'y accompagner, jugeant l'endroit trop sensible), mais au final j'ai pu jouer le jeu sans crainte et avec quelques stratagèmes pour aboutir au résultat que je vous propose de découvrir dans le diaporama de 2 minutes ci-dessous, visible sous forme de vidéo afin d'intégrer une musique de circonstance. visualisez-le en plein écran (toujours la même icône avec les 4 flèches), les images sont en haute définition:



enfin, notez également que j'ai relancé depuis quelques mois mon compte flickr (plate-forme de partage de photos) que j'utilise maintenant activement. l'adresse est www.flickr.com/photos/sebweb. les diaporamas disponibles dans ce billet sont d'ailleurs issus directement de flickr comme vous aurez pu le constater.

samedi 7 mai 2011

fascination street

en ce mois de mai 2011, j'aurai la chance pour la première fois depuis mon retour d'exposer quelques photos! grâce à mon ami gilles, la kulturfabrik d'esch/alzette (luxembourg) m'a contacté pour monter une expo qui se déroulera dans la magnifique galerie terres rouges du 13 au 29 mai 2011. le vernissage sera le vendredi 13 dès 18h30, et je compte bien vous faire profiter de quelques bouteilles de maitrank maison concocté par mon papa!

l'expo se concentrera sur une certaine vision personnelle et humaine de l'extrême orient, en milieu urbain. je veux montrer comment une situation lambda peut être perçue comme à la fois fascinante pour nous occidentaux et banale pour les locaux. la grande majorité des photos sélectionnées sont un exercice de street photography qui incluent un élément humain, généralement la raison même de la photo. j'ai choisi ce thème parce que j'ai beaucoup aimé les décors des villes japonaises et coréennes, qui me font penser à un décor de cinéma géant dans lequel je réalise en quelque sorte mon propre film... j'exposerai 20 clichés dont la moitié en grand format. toutes les photos ont été prises au japon et en corée du sud entre mars 2010 et mars 2011 (je suis retournée en corée depuis mon retour).

voici à quoi ressemble l'affiche officielle:



j'ai également eu droit à bel un article dans le non moins beau journal luxembourgeois d'Land, sur une pleine page. vous pouvez le lire en cliquant sur l'image ci-dessous et en l'agrandissant ensuite:



voilà, il ne reste plus qu'à venir voir les photos et prendre un petit verre en ma companie, je compte sur vous pour en parler autour de vous si mon travail vous plaît! et si vous habitez loin, sachez qu'il y a un concert de the soft moon le soir même à l'exit07 (luxembourg), et que ça va valoir le détour aussi!

samedi 8 janvier 2011

PHOTO magazine

après quelques mois à l'abandon, ce blog méritait bien un petit coup de dépoussiérage pour la nouvelle année. alors pour commencer 2011 dans la bonne humeur, rien de tel qu'une publication dans la bible des photographes amateurs, le magazine PHOTO numéro 476 de janvier-février 2011 qui consacre chaque année un numéro aux passionnés de l'image en tous genres. 50 000 participations au total, du monde entier, pour quelques centaines de photos publiées. dans le lot des photos que j'ai soumises, c'est ce paysage irréel de seonyu-do (rappelez-vous) qui a été retenu par le magazine, et sur une demi-page qui plus est (alors que la plupart des photos sont en tout petit). bref, même si ce n'était pas ma préférée du lot, je ne vais pas faire le difficile, j'admets volontiers que je suis plutôt content :-)



je me souviens dans les détails de ce jour là, le 10 juin 2010. après le coucher du soleil, il n'y avait plus rien à faire. de retour dans ma chambre vieillote d'une maison de pêcheurs trouvée avec pas mal de difficultés le jour même, j'ai trié les photos et répondu à quelques emails. un des messages était destinés à mon ami brian, photographe new yorkais lui aussi en vadrouille à seoul et avec qui je passais la plupart de mes journées dans la capitale. je pensais que lui aussi aurait pu comprendre le sentiment qui m'habitait ce jour là... je ne résiste pas à l'envie de publier un extrait de cet email, en anglais dans le texte:

"Right now I'm in a small island west of mainland Korea called Seonyudo. I arrived today. My day was kind of stressful and shitty, very hard to get around cos nobody speaks English and I can't read anything. It took me a while to find a home stay for the night, then I rented a bike and went around the coast for 3 hours. At some point I stopped on a beach to check out some people who were digging the sand to find crabs and shells. And just as a miracle, I found myself at the right time at the right place: there were distant islands in the background, the sun was setting, reflecting itself in the water with great clouds, and a fisherman appeared from nowhere to install his fishing nets in the middle of the bay. The view was absolutely incredible! I took 120 frames of the same scene, it was just beautiful. This may actually be my best landscape picture of the year, and definitely one of my defining moments ever. I couldn't believe my eyes how beautiful that was, actually I almost cried! This is just the kind of moment that makes you want to travel more and more. You know, I was kind of asking myself what I was doing here, this place is not so special, no one speaks English, there's construction works everywhere, the countryside here is a bit random. And then everything changes in a split second of magic! Wow! This was special..."

j'ai passé le reste de ma soirée à trier les meilleurs clichés parmi toutes les images enregistrées ce jour là. j'étais tellement pris par ces photos que j'ai raté l'heure de fermeture avancée des rares restaurants du coin, et j'ai terminé la soirée à manger des chips et boire une bière dans ma chambre... mais je ne le regrette pas une seule seconde.

lundi 27 septembre 2010

goldorak: a day in the life

mon voyage ayant touché à sa fin, je voulais encore partager en guise de clin d'oeil un épisode que j'avais gardé volontairement secret: ma rencontre avec mon vieil ami goldorak chez lui, au japon.

en 1997, alors toujours étudiant, j'étais intrigué par le relativement nouveau réseau internet que j'avais découvert deux ans plus tôt lors de mon séjour erasmus en angleterre. curieux de nature, je voulais savoir comment on créait ces fameux sites. même si cela semble relativement enfantin aujourd'hui, c'était une autre histoire à l'époque, mais je voulais m'y confronter. il me fallait un thème, et mon premier terrain d'exploration eut comme personnage principal goldorak, le fameux robot japonais, un des héros de mon enfance. comme je parle d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, flashback dans les années 80, où les aventures du gentil prince d'euphor contre les méchants végans captiva plus d'une petite tête blonde, bien avant l'apparition de dragon ball z et consorts.

au moment de créer ce premier site, je n'étais pas spécialement passionné par goldorak, mais j'avais compris qu'un sujet léger, que je connaissais relativement bien et à dimension communautaire pouvait être une bonne base pour attirer un certain public vers ma prose, et donc réussir mon pari: créer un site web de référence comme ceux que je surfais depuis 2 ans maintenant à la recherche de paroles de chansons et de photos de concerts.

le site eut un certain succès, fut primé par quelques magazines et même par yahoo! france (nous sommes en période pré-google). le ton humoristique plaît, je reçois des messages d'encouragements par dizaines et même des contributions volontaires, comme ces musiques de fond des épisodes de goldorak que je suis le premier à mettre en ligne. avant l'émergence des forums, je crée une liste de diffusion baptisée goldochat, qui permet aux aficionados du gentil robot de rester connecter et d'échanger toutes sortes d'anecdotes au lieu de travailler. goldochat est devenue une référence dans le monde francophone de goldorak, et bien que presque désuète reste étonnamment active. j'ai passé la main pour les tâches administratives, et retiré le site web originel de la toile pour des raisons mêlées d'espace disque et de manque de pertinence du site dans un monde web 2.0. il y a de toute façon pléthore d'informations sur le sujet maintenant.

en 2010, 13 ans après cet auto-apprentissage technologique et 25 ans après mes émois télévisuels faits de fulguro-poings et autres astéro-haches, je me retrouve au japon, pays de toei et go nagai, respectivement éditeur et créateur de goldorak (ufo robo grendizer en nippon). dans un magasin de jouets de nagoya, pour la première fois et dans un élan de nostalgie, je m'offre une petite figurine articulée de goldorak qui ne me quittera pas. goldorak, en retour, m'a fait découvrir son pays et sa vie quotidienne, qui n'est pas aussi héroïque que l'on pourrait croire. un super-héros aussi à droit à avoir une vie normale. voici en exclusivité à quoi ressemble une journée dans la vie de goldorak: