je suis resté une bonne semaine à taipei, découvrant une ville très dense, moderne par moments et très traditionnelle par d'autres. assez sale de manière générale, mais agréable à vivre. les innombrables marchés de nuit rythment la vie de la ville, tout le monde s'y retrouve pour manger un bout sur le pouce ou boire un thé glacé au lait, la spécialité locale à laquelle je n'ai pas tardé à devenir accro. c'est un peu mon cécémel d'asie, incroyablement bon! on connaît surtout taipei pour la tour 101 qui était il y a encore peu la plus haute du monde, et qui reste en tout cas une des plus jolies, en forme de pousse de bambou. c'est aujourd'hui le symbole d'un métropole par ailleurs un cran en-dessous de shanghai ou hong kong en terme architectural.













alors bon en une douzaine de jours sur ce territoire à peine plus grand que la belgique, c'est difficile de se faire une idée précise sur la culture exacte qui prédomine ici. il y a une grande influence chinoise bien sûr, et pas uniquement pour la langue ou la cuisine. ceci dit, les différences sont légion, principalement au niveau de l'attitude des gens et des cultes. on sent des influences japonaises quant à la politesse, l'ordre, les règles de fonctionnement. contrairement aux chinois, certains cultes sont également poussés à l'extrême, que ce soit dans les temples bouddhistes ou taoïstes. ces derniers ont totalement changé ma vision des nombreux temples bouddhistes ou shintoïstes que j'ai pu voir au japon. ce sont des endroits assez fascinants, dédiés à un ou plusieurs des nombreux dieux taoïstes, bordés d'une atmosphère extrêmement particulière, recueillie tout en restant joyeuse, tout en chants très différents des prières monacales. ce sont d'ailleurs souvent des femmes qui chantent.
j'ai pu vérifier de visu à quel point la ferveur religieuse taoïste était présente à taiwan en participant au premier jour de la procession de la déesse mazu, au nord-ouest de l'île. l'image de mazu est trimballée pendant 10 jours à travers la ville et la campagne, dans une apocalypse de pétards et feux d'artifices. j'ai d'ailleurs eu beaucoup de chance de pouvoir participer à ce festival, plutôt difficile d'accès aux non-initiés, et auquel j'ai pu me rendre grâce à une rencontre fortuite 2 jours auparavant. on m'a expliqué que ce n'était pas de la chance que de rencontrer quelqu'un qui pouvait me faire participer à un tel événement, mais que c'est moi-même qui provoquait ma chance en étant ouvert, curieux et enthousiaste. une phrase qui m'a fait pas mal méditer et que je risque de ressortir à l'occasion...
donc, le festival de mazu, c'est une marée humaine qui se rassemble vers 5h du matin autour d'un temple, où tout un tas de dieux sont promenés sur des sortes de brancards qui se secouent dans tous les sens (ce sont les dieux qui dirigent les porteurs selon la croyance), et finissent donc à un moment ou un autre à percuter la foule. il y a des dragons, des sortes de grosses marionnettes, des musiciens, des possédés qui communiquent avec les esprits et des pétards, beaucoup de pétards (qu'on n'allume pas un par un mais plutôt par caisses entières). les dieux aiment les pétards et les taiwanais le leur rendent bien. partout, tout le temps, au passage du cortège, que ça soit dans une petite rue ou au milieu de l'autoroute (mazu décide aussi de la route qu'elle veut prendre), ça pète dans tous les sens et c'est plus qu'impressionnant. tout le long de la procession, les gens s'agenouillent (dans l'eau, il pleuvait à cordes), se prosternent devant mazu, se couchent presque sur la route pour que la déesse passe au-dessus d'eux. comme pour un marathon, des petits stands sont montés ici et là pour distribuer de l'eau, du thé, des tomates et autres vivres aux participants, le tout gratuitement.
pour vivre tout cela, je suis resté debout pendant 36 heures et j'ai affronté le déluge de pluie toute la journée, la fumée et le bruit assourdissant des explosifs. mais je ne le regrette pas une seule seconde, c'était formidable. le festival le plus fou que j'ai vu jusqu'ici (et j'ai vu des crucifixions aux philippines je vous rappelle), sans compter que la présence d'un blanc dans tout ce bazar était pour le moins surprenante pour les locaux! j'ai posé pour des photos, je me suis fait interviewer par la télévision, j'ai reçu plein de cadeaux, du pin's de mazu au t-shirt en passant par la tasse. très drôle et inoubliable!






































j'ai également un peu bougé dans le reste du pays, me baladant sur la côte est vers hualien, taitung et l'île de lyudao. une côte découpée, montagneuse, rappelant que nous sommes sur une île volcanique. on rencontre encore de temps à autre des natifs de l'île, des aborigènes qui se sont intégrés dans la vie moderne de l'île comme cette femme ci-dessous. au final je regretterai de ne pas être resté plus longtemps, non seulement pour voir un peu plus de l'île, mais surtout pour passer plus de temps avec les gens rencontrés sur place...
























et maintenant la corée du sud...
Super reportage. Et bravo Taiwan ! Bel endroit.
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