dimanche 25 juillet 2010

not too far again

à peu près partout où il n'y a pas la mer à bornéo, il y a la jungle. ou plutôt il y a encore la jungle par endroits, la déforestation massive ayant fait place à des champs entiers de palmiers qui constituent un des piliers de l'économie locale de par l'huile (de palm donc) qu'ils produisent. le reste ou presque n'est donc que végétation luxuriante et vie sauvage. on épinglera comme curiosités locales le singe proboscis (ou nasique), réputé pour son appendice nasal surdéveloppé et érectile, par ailleurs bien connu des amateurs de tintin pour être l'alter ego de rastapopoulos dans l'album vol 714 pour sydney, et l'orang outan, gros singe plutôt paresseux mais très rigolo dans ses mimiques et ses déplacements.





un des buts du voyage à bornéo, c'était la jungle donc, mais surtout les populations indigènes qui y résident. toujours avec aurore (cfr billet précédent), et afin éviter d'être entourés de trop de touristes, nous avons contourné les coins évidents et pris un tout petit avion permettant de faire un saut de puce au coeur de la jungle, à bario. le vol en lui-même était déjà une aventure: un petit bimoteur avec une douzaine de sièges, pas de porte entre les passagers et le poste de pilotage et forêt vierge à perte de vue. le village valait son pesant de nasi goreng également: quelques maisons éparpillées autour d'un chemin boueux, ciel orageux et gros pick-up toyota d'où s'échappe de la musique country. on peut dire qu'on était au milieu de nulle part. les vues de la région depuis le superbe homestay de stewart et saloma où nous étions hébergés étaient grandioses, et le rythme on ne peut plus lent de l'endroit incitait tout de suite à la sieste, bien utile avant les 4 jours de trekking qui nous attendaient.

à travers la jungle nous partîmes donc, accompagnés par notre guide philip (un air de patrick swayze selon aurore, je vous laisse juger... c'est lui qui coupe la pousse de bambou sur la photo ci-dessous).



quiconque a déjà trekké dans la jungle vous le dira: c'est humide et peuplé de sangsues. tandis que philip nous dégageait habilement le chemin à coups de machette, c'est sur de l'argile boueux et de la boue tout court que je tentais d'avancer, ici me prenant une toile d'araignée dans le visage, là tentant de détacher la sangsue qui avait déjà réussi à grimper sur ma chaussette de football blanche toujours immaculée, remède maison ma foi encore assez efficace contre ces petites bestioles. alors bon, quand la marche dure moins de 4 heures comme le premier jour, on se dit que ça ne sera pas si terrible que ça ce trek. surtout qu'on est accueilli comme des rois chez pauline et philip (un autre, pratique pour retenir les prénoms) et qu'on a l'estomac rempli à force de prendre le café (et les petits biscuits) dans tout le village. après coup, en repensant aux deux jours où on a marché plus de 10 heures dans la jungle, dont une partie de nuit, c'est beaucoup moins rigolo. surtout que ma lampe frontale n'était plus de première fraîcheur, que la pluie s'en mêlait, rendant le sol bien spongieux et disons-le très très chiant pour marcher, et que bon la jungle la nuit, avec les bruits des animaux et tout le reste, ça reste assez bof. ajoutez au tableau que note bon guide philip s'est un peu fourvoyé dans le chemin pour rentrer vers bario ("how far is it philip?" - "not too far again") et que la voiture qu'on a réussi à trouver en sortant de la jungle pour s'éviter 2 nouvelles heures de marche vers le village a rendu l'âme dès qu'elle a vu mes chaussures boueuses à souhait, et vous pouvez comprendre que je considère ce trek comme l'un des plus éprouvant que j'aie jamais fait (et j'en ai déjà fait quelques-uns...).



heureusement, toutes ces difficultés bravées parfois dans la douleur nous ont fait découvrir des endroits reculés, superbes et authentiques. pas d'indigènes "déguisés" en habits traditionnels, mais plutôt des endroits vrais, où le temps s'est un peu arrêté, où les gamins jouent au foot au milieu des montagnes, où le buffle est le meilleur ami du paysan, où les maisons en bois sur pilotis abritent à tout casser une table, et où les gens se plient en quatre pour nous accueillir, même si on arrive de manière imprévue quand il fait déjà noir. nous avons passé la nuit dans 3 villages différents, un en malaisie et deux du côté indonésien. pour ce faire nous avons dû passer la frontière un peu illégalement (il faut normalement un visa pour aller en indonésie), et avons quand même été convoqué au poste de police par l'inspecteur local du dernier village visité. l'autorité incarnée:



on pensait se faire taper sur les doigts, mais au final on était un peu les stars, posant pour les photos avec les militaires (enfin, surtout aurore qui, telle une marilyn des temps modernes, a fait pas mal d'effet aux soldats) et se faisant même inviter pour le petit déjeûner!



au final, j'en retiendrai surtout l'hospitalité des peuples kelabit et lun dayeh, et quelques rencontres fantastiques dont ce petit jacob, un an et demi et un aplomb incroyable, qui nous a bien occupé et bien fait rigoler.


























vue de mes chaussures à la fin du trek:



pour se remettre de la jungle, on s'est fait un trip qui s'est avéré gastronomique à brunei, bien connu pour son riche sultan dont c'était l'anniversaire le 15 juillet. impossible à rater cet anniversaire, puisque les portraits du chef de l'état couvrent littéralement TOUS les immeubles de bandar seri begawan, la capitale. pour fêter ça, on a eu 50% de réduction sur les pâtes et les pizzas du petit restaurant italien local que nous avons accueilli avec une larme à l'oeil après autant de mois de sevrage de réelle nourriture italienne...

un des éléments les plus surprenants de brunei, c'est son village lacustre, kampung ayer, fait de milliers de maisons sur pilotis semblant avoir été assemblées à la va-vite à coups de tôles et de bouts de bois. on se demande comment un état aussi riche permet ce genre de choses. puis en me baladant entre les maisons et cherchant un bon angle (photo avec l'arc-en-ciel ci-dessous), je suis passé à travers un bout de bois vermoulu (plus de peur que de mal au final) et me suis fait dans la foulée inviter dans une maison par de bien sympathiques habitants qui m'ont parlé de leur vie et de leur village. à l'intérieur de la maison, plein de meubles, 3 télés, wifi et air conditionné! on a du mal à croire qu'on se trouve dans une maison sur pilotis! en fait, ce village a une importance historique et sentimentale pour les habitants qui ne veulent pas en bouger, mais n'est pas vraiment une résidence pour pauvres... d'ailleurs, la plupart des habitants possèdent une voiture, garée non loin des petits ponts de bois qui serpentent dans le village, vision assez étonnante.















prochaine étape: indonésie, avec un visa cette fois!

2 commentaires:

  1. Béatrice PoncinJul 26, 2010 06:05 AM

    Je vois que ma grande et Sébastien ont fait une expédition très intéressante et enrichissante à bien des points de vue.
    Très agréable de lire vos aventures.
    Bravo à vous deux.

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  2. bravo à aurore et Sébastien pour ce magnifique reportage de très belles photo ainsi que l'aventure que vous faite très jolis souvenir bravo
    Chantal une amie de Béatrice
    ps : l'attend la suite

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